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4/20/2012

Cyril Cagaro: motion designer (version française)

Cyril Cagaro est un graphiste et motion designer français qui a récemment déménagé à Montréal. Il est un free-lance et un directeur artistique travaillant pour des agences:EO Prod, Publicis... ou directement avec des clients comme : Arte, LG, Bouygues, Biennale de Lyon...
Sans doute, comme vous, j'ai découvert Cyril grâce à sa vidéo « Since… » réalisée avec son partenaire Arnaud Laffond. Cette vidéo illustre rapidement l'évolution de la com. Leur but était de partager nos vœux pour la nouvelle année 2012 en montrant qu'il n'y avait pas qu'une, mais plusieurs façons de le faire. Toujours est t’il que sa petite promotion personnelle a bien fonctionné, bien joué !
Aujourd'hui vous pouvez découvrir le reste de son univers hyperactif, coloré, abondant, aux transitions rapides dans la suite de cette interview. Son travail reste très varié mais inscrit dans les tendances visuelles actuelles.
Je le remercie de sa participation.
. Qu’est ce qui vous a amené vers le motion design ? 
Disons que c'est un long parcours. Quand j'étais plus jeune et qu'on me demandais ce que je voulais faire plus tard (sur la petite fiche de présentation en début d'année scolaire), je marquais toujours dessinateur de BD. Je prenais des cours de dessins et d'animation après l'école. C'était un niveau débutant, mais je pense avoir acquis de bonnes bases grâce à ça. Après une 2nde technique plutôt loupée (moyenne obtenue grâce à l'option arts appliqués), je me suis orienté vers un CAP et un bac Pro dans le secteur du graphisme. Durant ces 4 années, j'ai beaucoup dessiné tout en apprenant les logiciels Photoshop et Illustrator. J'ai appris Flash en autodidacte pour rendre un rapport de stage interactif. Je pense que c'est
à ce moment la que le goût pour l'animation graphique m'a pris. Apres cela, je suis allé en BTS communication visuelle pour élargir mes compétences et connaissances dans ce milieu. Je me souviens que dans tous les sujets de cours, je m'orientais vers un sujet vidéo dès que j'en avais la possibilité. Je trouvais qu'il y avait une autre dimension de communication de part l'image, la musique et le mouvement. Je me souviens avoir eu plus de mal pour m'exprimer sur les sujets d'éditions, web et photos. Mon professeur d'infographie aimant bien mes videos m'a proposé un stage ou j'ai pu faire un clip musical en animation, entièrement réalisé sur Flash. Je me suis vite rendu compte des limites du logiciel pour du format vidéo, j'ai donc commencé à apprendre After Effects (autodidacte), durant mon CDI en tant que webdesigner. J'ai quitté ce job, qui ne me correspondait pas,
pour me mettre à mon compte dans le motion design.

. Quelle est votre définition du graphisme ? 

Partir de quelque chose de banal ou inexistant pour le rendre agréable au regard. Je pense que le graphisme est présent partout, comme par exemple la disposition des aliments dans une assiette : des couleurs bien choisies et une belle composition donneront de la crédibilité à votre plat, ainsi qu'à sa saveur. Pour un magazine ou un site, c'est un peu la même chose. Une belle présentation donnera envie à l'utilisateur de rester. Si le contenu
est bien, le tour est joué, mais ça, ce n'est plus mon domaine.
. Comment travaillez vous ? 
C'est assez aléatoire. Je travaille souvent depuis chez moi. Sur certains projets, je vais directement travailler dans la boîte. On va dire que je suis assez libre et je suis assez loin de la routine metro boulot dodo. J'aime travailler en équipe, car tout seul, c'est parfois difficile de se motiver. Quand j'ai un projet urgent à rendre, je peux parfois faire des semaines intensives, mais je sais qu'après ça, je me laisse du temps pour retrouver une vie sociale. Je pense qu'il est important de faire des projets créatifs et libres à côté, car les projets professionnels ne sont pas forcément représentatifs des capacités du motion designer (tout dépend du client). Les projets créatifs vous permettent de mieux vous vendre et d'instaurer un style graphique. Si les clients viennent vous voir pour votre style et non juste la technique, alors vous avez gagné. Sinon, pour un projet, en général, ca se passe comme ça : Contact, Brief de la demande, devis, recherches graphiques, story board, animation, montage. Et souvent comme ça aussi : Contact, brief de la commande, devis.

. Avez-vous une influence particulière ? 
Je regarde beaucoup les génériques graphiques de films (Catch me if you can, Rock n Rolla, Juno, Kiss kiss bang bang, Thank you for smoking etc, etc, etc). Je crois que c'est un peu mon but dans la vie : faire un générique de film. Sinon, je regarde beaucoup les showreels de grosses agences, comme Buck ou The Mill. Mais je préfère avant tout les travaux de petites boîtes ou indépendants, qui avec peu de moyens et beaucoup de temps de travail réalisent des projets très interessants. Ce sont ces gens là qui me donnent envie de créer de nouvelles vidéos. J'adore le parcours du groupe musical OK GO : tous leurs clips sont extremement créatifs et nécessitent de réelles performances. Je peux voir dans leurs projets un travail d'équipe créatif et original! Certaines publicités sont également des références certaines, comme par exemple la série Sony Bravia. Je farfouille également beaucoup sur Vimeo et les blogs pour trouver les petites perles. Sinon, il arrive souvent qu'une musique me donne une idée particulière pour une vidéo.

. Quelles sont selon vous, les bases d'une "motion" vidéo efficace ? 

2/05/2012

Amelie Chabannes: artiste (version française)

Faisons de nouveau la promotion d'une artiste française qui vit à l'étranger. Formée à l'ENSAD, Amélie Chabannes est installée à Brooklyn en 2003. Elle expose régulièrement en France quoi qu'il arrive (Fiac, Galerie Hussenot, La Hune Gallery…). Ses thématiques artistiques sont, sans aucun doute, liées en partie à son histoire personnelle et de ses connexions, déconnexions entre plusieurs pays.
C'est un fait, en France les jeunes artistes ont du mal à émerger depuis plusieurs années. Elle a su saisir l’opportunité d'intégrer une des villes actuellement plus "riches" dans l'art comme Londres, San-Francisco pour réaliser ses projets, et elle a la chance d'avoir des mécènes qui la soutiennent.
Elle nous décrit son parcours, ses problématiques et sa façon de travailler dans la suite de cet article, merci de sa participation.

. Quels étaient vos premières créations ? 
Une serie d'installations photographiees et par la suite repertoriees tres précisément dans une serie de dessins, un veritable "cadastre" du projet! on retrouvait  sur papier la topographie, les protagonistes, les objets, l'emplacement de la camera... un releve tres precis des installations et des actions qu'elles impliquaient
. Comment votre travail a t'il évolué depuis ?
Mes recherches se sont immediatement focalisees sur les nombreuses questions entourant la tres vaste notion de l'identitee. Conceptuellement parlant, le travail n'a fait que se resserer autour de ce sujet. En revanche, je n'ai plus produit de photographies depuis cette epoque. J'utilise essentiellement la sculpture, les installations et le dessins.

. Vous vivez à Brooklyn. Pourquoi cette ville ? 

J'ai vecu a Manhattan pendant 2 ans.C'est beaucoup trop "corporated" a mon gout, un environment bien trop lisse et ponctue d'un nombre incalculable de starbucks, etc...  Quand je me suis rendu a Brooklyn pour la premiere fois, j'ai eu un coup de foudre! J'ai su que c'etait la que je voulais m' installer, de plus mon amoureux etait dans le quartier, parfaite coincidence...
Brooklyn reserve des surprises, il y a du mystere et un certain romantisme qui s'en degage . Chaque quartier est un monde a part, Il y a aussi une certaine anarchie urbanistique qui regne et c'est exactement ce que j'aime. vous pouvez y trouver un no man's land colle a un bar bourre de monde. Brooklyn satisfait completement le fantasme cinematographique que j'ai de New York. Et enfin tous les gens dont j'admire le travail sont bases a Brooklyn, so...

. Et comment avez vous fait pour vous installez aux USA ?
J'ai pris mes valises, j'ai quitte la France en un claquement de doigts. J'ai suivit un programme dans une ecole d'art dans un premier temps, puis j'ai eu la chance d'etre assez rapidement represente par une galerie et d'enchainer avec un bon visa.

. Quelles sont vos influences artistique ? 

Une tres longue liste d'artistes auquelle j'ajouterais la geologie, l'archeologie, les atomes, l'espace, les peintures rupestres, le shamanisme et les grands explorateurs! LOL

. Quels sont vos objectifs en termes de création ? 

Que souhaitez vous exprimer ?Aujourd'hui j'aime de plus en plus questionner le processus de production, la pratique d un artiste, sa particularitee, son identité...

. Comment travaillez vous ? 

Tous les jours, en ecoutant des documentaires....

. Avez-vous un secret ? 

Beaucoup et tous inavouables!
http://lifestream.joncronin.net/amelie-chabannes-fragments-galerie-hussenot-p-29202
http://frenchinamerica.wordpress.com/tag/amelie-chabannes/
http://www.fiaf.org/crossingtheline/2011/2011-10-12-amelie-chabannes.shtml
http://overinbrooklyn.blogspot.com/2011/05/amelie-chabannes-fragments-galerie.html
http://www.galeriehussenot.com/spip.php?article1

1/31/2012

Emanuel Cohen: graphiste, designer (version française)


La première production que j'ai vue de ce graphiste était cette vidéo reprenant un monologue du film "À Bout De Souffle". Puis récemment, un packaging a attiré mon attention sur etape.com. Voici ce que je savais avant son interview :
Il est canadien (MONTRÉAL), donc il parle le Français et l’Anglais : ° Il est jeune diplômé d'une des écoles les plus réputées de son pays, UQAM | Université du Québec à Montréal. Il a été embauché pas l'agence Paprika, une firme de design graphique et de stratégie fondée en 1991 . Il est bon en web design (pour son site perso), pour une personne orientée dans le print. Il fait des packagings très sophistiqués pour être vendu dans des grandes surfaces, c'est bien dommage !
Et voici ce que l'on peut savoir sur lui grâce à cette interview. Merci de ses réponses.
. Qu’est ce qui vous a amené vers le design graphique ?
Je ne sais pas si on peut parler de prédisposition, mais ayant mes deux parents eux-mêmes impliqués dans des domaines connexes au design graphique, je ne peux pas dire qu'il y avait du brouillard sur mon chemin. J'ai toujours dessiné, griffonné et esquissé, même étant enfant. En repassant à travers certains de mes cahiers de cours de l'école secondaire (lycée), on retrouve toutes sortes de choses, des lettres, des portraits, des perspectives, tout sauf les notes de cours que j'étais supposé prendre à cette époque. En entrant au CEGEP (équivalent de la 1e et terminal en France), je me suis orienté vers un programme de communications assez vaste, c'est-à-dire que j'ai pu toucher à de divers médiums tels la photographie, la vidéo, la sculpture, le dessin, et finalement le design, qui à ce niveau-là était encore plutôt général. Étant la matière qui m'a le plus stimulé, je me suis donc dirigé vers le baccalauréat en design et arts informatiques de l'Université Concordia, et ensuite le baccalauréat en design graphique de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), d'où j'ai gradué en 2011.

. Quelle importance accordez-vous à la typo dans un projet ?
Toute. La typo est comme le câblage qui vient faire le lien entre un message à communiqué et un auditoire. La typo apporte une "couleur", une "atmosphère" aux mots, c'est donc ce qui détermine si un message est attrayant, captivant et intéressant. Je pense que cela s'applique tant aux projets publicitaires qu'aux projets de nature éditoriale, dans lesquels la typo est d'une importance capitale : lisibilité, hiérarchie, rythme, et bien sûr elle vient mettre l'accent sur toute la rigueur graphique d'un projet.
. Lorsque vous intervenez sur un message, souhaitez vous lui apportez un certain style qui vous caractérise ou, au contraire, tentez-vous d'être aussi transparent que possible ?
Je ne pense pas que le style est quelque chose d'artificiel, dans le sens où "j'applique mon style", cela voudrait dire qu'on évolue pas et qu'on ne s'enrichit pas. Je n'entend pas par évoluer et enrichir d'être à l'affut des tendances et de les suivre, il y a une légère nuance. Mon approche est plutôt de questionner se qui me sors naturellement, ce que je maitrise, de m'autobousculer et de faire en sorte de ne jamais être trop ou totalement à l'aise avec ce que je fais. J'essaye d'éviter les mêmes recettes pour laisser plus de place à l'expérimentation, donc au progrès. 

. Quelles sont, d’après-vous, les principales différences entre un travail pour le milieu culturel/institutionnel et un travail plus commercial au Canada ?
Parlant d'expérimentation, je pense que c'est un peu le cas pour tout le monde, quand on parle de commercial, il y toujours moins de place pour l'expérimentation, plus de rigidité, etc., les clients commerciaux ne sont pas tous nécessairement comme ça, mais disons que c'est une tendance. Cependant, ce n'est pas une excuse pour se mettre des barrières, il y a toujours moyen de faire des projets corporatifs de haut niveau, c'est d'ailleurs une qualité de pouvoir atteindre de bons résultats avec des projets qui semblent peu stimulants à premier abord. Forcément, les projets de nature culturelle sont souvent plus intéressants dans le sens ou l'approche créative est beaucoup plus libre, mais malgré ça, rien n'est magique.

. Y a-t-il quelque chose de spécial pour vous dans le design graphique Canadien ?
 Je pense qu'il a beaucoup de talent au Québec, on y compte de nombreuses firmes reconnues mondialement dont Paprika et Sidlee, de nombreux individuels ayant travaillé sur de gros mandats internationaux. Même au niveau académique, l'Université du Québec à Montréal (UQAM) à une excellente réputation pour son programme de design graphique qui accueille chaque année des étudiants européens, j'en ai d'ailleurs côtoyé plusieurs durant mon parcours. Il y a également de très bonnes firmes à Toronto et Vancouver, mais c'est un terrain que je ne connais pas trop.
. Quelle production du monde du design graphique donneriez-vous comme exemple de travail réussi ?
Il y en a… L'identité de Swissair.

1/01/2012

Cédric Malo, TABAS: illustrator (version française)

Tabas, vient de l’expression argot : «ça tabasse !», qui signifie ça claque, ça tue... Ce pseudonyme est porté par Cedric Malo, qui est la tête de file des graphistes Marseillais (origine Auxerroise). Autodidacte, il s'est formé dans les rues avec le graffiti, il a fait rapidement un BTS. Aujourd'hui, il agit dans le monde de la pub, pour avoir une contre-balance sur des projets plus "modestes" et créatifs, tout cela grâce à ses agents et à son studio "Le bureau de Tabas". Cet illustrateur fait parti des 99% de graphistes qui dessinent avec leurs souris, et des 1% qui utilisent des feutres noir !! 
A la vision de Marseille 2013, ce monsieur est bien actif. Il évite les clichés de la cigale et de la sardine. Il aime créer un équilibre entre passion et vie privée, auto-satisfaction et satisfaction du client... Ce graphiste français, illustrateur et directeur artistique répond à nos questions. Merci à lui. Il y a encore plein de choses à dire sur lui, mais pour éviter la répétition je vous conseille la liste de lien.

. Quelles sont vos objectifs en termes de création ?
Je n'ai pas d'objectif particulier. Si l'on parle de commande, au final, j'essaie d'être aussi satisfait du résultat que mon propre client. Pour les projets plus personnels, le but est de me faire plaisir avant tout. J'essaie tant que possible de produire des choses qui parlent aux gens, souvent à la main, j'y met du sens, mais je n'ai aucune règle pré-établie alors j'improvise.
. Avez-vous une influence particulière ?
Quand j'étais étudiant, internet n'était pas encore répandu. La bibliothèque graphique de l'école au milieu des années 90's, n'avait que deux malheureux livres (Neville Brody et David Carson). Par contre, le graffiti a joué pour moi un rôle marquant, un grosse claque. 
Aujourd'hui, de manière générale les gens, mes voyages et ma vie quotidienne influencent mon travail. Je m'intêresse plutôt à la sieste, le jardinage et l'art contemporain, mais de moins en moins aux livres et blogs de graphisme car tout se ressemble dans une déferlante d'images.

. Y a t il quelque chose dont vous soyez spécialement fier ?
Plein de choses, mais en particulier les choses qui ont été atypiques. J'aime ce qui est différent. Des pipes dans une église, faire venir 30 000 personnes avec des affiches blanches, ou designer des bouteilles et verres de la boisson anisée, devenu à Marseille un sport national, sont des choses qui m'excitent. Je n'aurai jamais pensé faire tout cela quand j'ai commencé par dessiner dans la rue.

. Que retenez-vous de ces dernières années de collaboration (festival Marsatac,bouteille 51,Le Monde Magazine... ?
Certains projets sont récurrents depuis bientôt 10 ans et d'autres sont juste un "one shot".
Le point commun entre tous ces projets, excepté la diffusion assez large de chacun, c'est d'abord l'humain. Je me rend compte de l'importance de la relation humaine dans la qualité du résultat obtenu. Le plus difficile n'est pas de réaliser des bons projets. Je cherche d'abord à trouver les interlocuteurs qui me font confiance. 
. Quelles évolutions pour le design graphique constatez-vous ?
Depuis 1970-1975, cette fameuse période de crise, dans laquelle les trentenaires ont toujours vécus, a suscité de nombreuses vocations artistiques. Quitte à ne pas gagner vraiment d'argent, autant faire ce que l'on aime... Il se trouve que les écoles de graphisme pullulent, et même nos clients sont devenus graphistes et piquent les stagiaires. Pour ma part, cette abondance d'images aura peut être eu le mérite d'élargir la culture visuelle des gens et celle de certains décideurs poussiéreux. Certains graphistes, faute de commandes se décident quelques fois à changer de casquette et deviennent leur propre client. La frontière entre client, graphiste, artiste, auteur, et organisateur, est souvent très mince...

. Quel est votre secret ?
La cigarette et pas de sport du tout.

. Les lien :
http://bureaudetabas.wordpress.com/
http://www.tabas.fr/
http://www.evasion.cc/blog/comments/interview-graphiste-tabas/
http://tdme.free.fr/?p=2498
http://www.bloodyloud.com/artist-graphic-designer-cedric-malo-aka-tabas/
http://www.enprovence.fr/rubrique/culture-et-mode_r5/en-place-avec-tabas_a278/1
http://www.trendsnow.net/interview-de-cedric-malo

12/23/2011

Alban Gervais, paygraphisme: designer (version française)

Aujourd'hui déambulons dans l'univers d'un graphiste/ directeur artistique/ indépendant et occasionnellement professeur, Alban Gervais. Il agit principalement dans le domaine de l'édition, mais sa vision va au delà, la conception de son travail est très interactive. Il prépare actuellement un site internet pour un de ses projets personnels (voir la dernière question). Il fait partie de ces graphistes qui fournissent un travail de grande précision sur une réflexion bien développée. Il se remet perpétuellement en question afin de fournir le meilleur de son travail à chaque occasion. L'un de ses premiers travaux professionnel était pour l’APCI (1er visuel sur l'article), ici il a créé "l’eiffelfabet" une typo faite volontairement avec des éléments de la Tour Eiffel pour reconnaitre Paris. Aujourd'hui, il nous explique son travail et ses objectifs. Merci pour ses réponses et visuels.
. Quels étaient vos premiers projets ? Comment votre travail a-t'il évolué depuis ?
Mon premier projet s’est mis en place pendant mon cursus scolaire, notamment lorsque l’on vous laisse aborder obligatoirement une thématique. Face à cette absence de réponses à apporter immédiatement, et considéré de fait comme un auteur-chercheur, j’ai souhaité me confronter aux paysages dans lesquels j’ai grandi (campagne havraise), puis j’ai poursuivis paygraphisme, face à d’autres espaces, traversés, Strasbourg 2003-2005 (www.trameways.net). Je continue sans savoir où vais-je exactement : vers des présentations-installations, performances ou non, animer mes images et/ou constituer des petites publications…

. Avez-vous une influence particulière ?
Mes influences se créent aux grès de rencontres pas si fortuites que cela.
C’est-à-dire qu’il y a des sites recensant ce que je semble aimer.
C’est à la fois terrible de formater ainsi mes yeux, mais il y a parfois des images dîtes actives*, qui m’incite à les retenir pour y revenir. 
C’est une forme de veille iconographique, un réservoir où j’y puise, en fonction des étiquettes que je leur donne, des images d’installations d’art contemporain, de détails typographiques ou des dessins d’architectures. 
J’ai suivi avec une très grande motivation les cours d’histoire de l’art, d’histoire du cinéma et ceux de Pierre Ponant (graphisme).
. Quelle importance accordez-vous à la typo dans un projet ?
J’essaie de jauger l’importance que la typographie aura dans le projet : parce qu’il y a aussi le format, le volume, le choix du papier puis la part accordée aux images et là, la confrontation texte/image inévitablement devra être développée, justifiée puis appréciée… C’est un ingrédient qui doit trouver sa place au sein du projet global. Parfois je veux en faire la pièce maîtresse et je la dessine (typographies de titrage), parfois elle peut ne pas être la priorité mais une des priorités. Pour en retenir une (surtout pour les typographies de labeur), mon regard se focalise sur des détails qui créent une distinction même infime, avec les typographies d’une réelle banalité - Helvetica, Times. (Cf. http://www.bobwilson.co.uk/). J’en acquiert sur www.ourtype.be

.Quelles sont selon vous, les bases d'un graphisme efficace ?
Le graphisme doit susciter l’émotion et provoquer la réflexion.
Je tâche de me lancer le plus souvent possible un défi : le pari d'obtenir des émotions sans avoir besoin de recourir à une forte densité d'éléments décoratifs et symboliques. Ainsi, mesurer la densité des éléments, c’est rechercher un juste équilibre où le hasard peut également avoir son rôle à jouer. Mais le risque du minimalisme est qu’il donne naissance à des formes parfois polissées.
Le biscornu peut aussi servir selon le contexte, et l’hybride, c’est-à-dire le recyclage de formes, s’oppose à cette aseptisation et, potentiellement, agrandie une famille de formes, de propositions, de solutions. L’énigme graphique, elle, nourrit l’imaginaire et titille mes pupilles. Le contre-pied d’un sujet permet de balayer l’ensemble du problème et peut finir par clarifier sa résolution. Beauté du paradoxe.
En somme, transmettre un message clair qui laisse cependant l’ouverture du rebond et de la vacance * est une démarche que je me fixe. Atteindre l’ambiguïté, c’est-à-dire, chasser l’évidence, développer son expérience et révéler la clarté du message demeure la base de mon approche graphique.
Grâce aux moyens donnés (contexte, économie : développement) et l’organisation des formes créées (baroques, simples : composition), je dois aiguiller la rétine du passant.
* François Barré à propos de Roman Cieslewicz

. Quel est votre secret ?
J’aime dialoguer, parler, aborder. Parcourir, fuir puis revenir. Chuchoter, évoquer et déborder. Insinuer, enfermer des formes et m’exprimer. Penser, cacher un sens et exposer. J’aime les arcanes, une estrade, le black-out. Je dois me trahir.
. Des projets pour l'avenir, une exposition peut-être ?
Une exposition / installation / performance vient d’avoir lieue. J’ai eu l’opportunité de montrer des images paygraphiques, le samedi 3 décembre aux Lilas. Dans le cadre du Manuel du Voyageur impénitent, organisé par l’espace Khiasma, j’ai occupé pendant une journée leur espace de stockage,  où les cartons ont été ré-agencés. Situé à l’arrière-cour de l’immeuble dans lequel j’ai vécu 4 ans, c’est ce point précis — un secret dévoilé — qui fait lien avec l’événement : Mon Voisin est un artiste - Paysages trouvés *. Beaucoup de mes secrets ont ainsi été extériorisés et j’ai vraiment apprécié la chose… Je continue de développer avec l’aide d’un ami (A. Manaranche), le site internet www.paygraphisme.net et un travail collaboratif d’animation du paysage.

http://www.evous.fr/Alban-Gervais,1179687.html

12/19/2011

Christophe Sivadier: typographe dans notre vie (version française)


Christophe Sivadier s'est spécialisé en communication visuelle puis en typographie. Il aime s'adresser au grand public (municipalité, syndicat, festival…) de manières colorées et dynamiques. Tout en tournant et retournant les volutes et les courbes des plumes Montblanc. Je vous conseille vivement de vous promener sur son site, qui change des standards de graphistes. L’auto-dérision y trouve sa place. Il nous décrit ses références et son univers. Merci à lui.

. Quels étaient vos premiers projets ? Comment votre travail a t'il évolué depuis ?
On va prendre ma première expérience rémunérée. C'était la refonte complète du design graphique d'un magazine "niche" dédié au stylo-plume de luxe (!!!). Une thématique pain-béni pour un graphiste/typo fraîchement sorti de l'école. J'avais alors du temps, et ça m'a permis de me confronter aux problématiques courantes d'un magazine : création de "rendez-vous" éditoriaux, gestion des feuilles de style de manière poussée et fonctionnelle, dialogue avec les journalistes sur les calibrages de rubriques, etc… J'y avais compilé à l'époque sans doute trop d'idées dans un même projet (pêché de jeunesse!). J'ai depuis appris à épargner mes réalisations du superflu (oui on peut se passer des ligatures "ffl" dans la vie).
. Quels courants et quels graphistes ont influencé votre parcours ?
Étudiant on se cherche toujours des modèles, et plutôt des gens vivants (bizarrement?). Du coup, le merveilleux travail d'un Karl Gerstner trouvait sans doute moins grâce à mes yeux, comparé à un Ruedi Baur intervenant alors avec la signalétique du Centre Pompidou dans MON espace public. Dans cette logique, Pentagram (Paula Scher entre autres talents), Vince Frost ou Stefan Sagmeister ont vite constitué ma "dream team". Rien de bien original à citer ces designers multi-récompensés, mais saluons leur constance dans l'excellence. Ce sont des penseurs avant tout qui arrivent à s'abstraire des considérations de stylistes et à proposer des solutions atemporelles.

. Quelles sont selon vous, les bases d'un graphisme efficace ?
Un brief bien reformulé, une problématique de communication bien définie, une économie de moyens dans les solutions proposées, une attention particulière donnée à la réalisation/fabrication.

. Quel genre de choses attire votre attention ?
Graphiquement, disons tout ce qui peut paraître "décalé" d'un premier abord, mais qui se révèle être d'une évidence imparable. J'aime l'idée qu'un objet de communication "flatte" l'intelligence de celui qui le regarde et développe ainsi une certaine complicité, un clin d'œil malin.

. Quels sont vos projets d'avenir ?
Combattre la fin dans le monde prévue pour décembre 2012.

. Avez-vous certains secret ?
On va s'abstenir sur cette question de répondre par une pirouette, donc je dirais, et puisque l'on parle de graphisme, … j'ai plutôt une bonne mémoire des formes typographiques et je peux sans doute arriver sur le podium à l'occasion d'un quizz. Blague à part ça aide quand même lorsque vient le moment de choisir un outillage typographique, je ne suis pas en train de "browser" des fontes à l'infini sans savoir ce que je cherche.

Les liens :
www.jecherchedesproblemes.com
www.labomatic.org

12/16/2011

L'équipe Konbini: website interview (version française)

Pour l'origine, le nom konbini est Japonais コンビニ de l'anglais "convenience store" c'est un commerce ouvert 24h/24 et 7j/7. Ce Konbini à été élaboré en 2008 par Lucie Beudet et David Creuzot ex membre de La Chose. Pour les novices, c'est une plate-forme de divertissement interactive. En gros, le but est de faire de la pub innovatrice et plus créative. Toujours est-il que le site est une ressource documentaire intéressante, car ils proposent une web TV, un blog, des magazines comment :
. 5 Min Après le film, cornique de film
. Charlie's treatment, cornique de "mode"…
Ce site s'adresse principalement aux jeunes urbains et ils regroupement des créatifs entreprenant et innovant, qui sévissent dans le domaine du web "digital".
Voici une petite introduction de David Creuzot, piocher sur strategies.fr pour présenter rapidement leurs principes "Notre conviction, qui n'est pas partagée par tout le marché, est qu'il faut privilégier les contenus et d'abord intéresser une cible - en l'espèce les jeunes - avec des divertissements de qualités. Cela implique que les marques soient moins intrusives et n'interviennent pas dans la conception des contenus au risque d'en diminuer l'attraction, mais qu'elles apparaissent en parallèle du contenu. La publicité sur les programmes devient un produit dérivé du programme."
Dans la suite de cet article David Creuzot nous délivre d'autre information. Merci à lui.
. Quels étaient vos premiers programme ?
Notre premier programme était orchestré par l'artiste gonzales. Un programme dans lequel il montrait l'absurdité de la promotion dans la presse musicale. Avec une voix Off, il commentait ses propres interviews. Le dernier épisode était un fake mais chuut. 
On stage with avec jojo et brice était une émission très drôle dans laquelle nos animateurs avaient des cameras sur la tête pour nous faire vivre les concerts de l'intérieur. Une émission qui nous a permis de faire découvrir une bonne partie de la nouvelle scène indé et electro. 

. Comment votre travail a t'il évolué depuis ?
Nous n'avons pas le monopole des images. Nous recherchons à produire des nouvelles choses plus authentiques et sans formats. Le programme le plus representatif de cette évolution est auto interview. Un programme où les artistes se mettent en scene eux mêmes. C'est finalement leur créativité qui est jugée. Nous ne faisons que le montage. 

. J'ai l'impression que vous engendré une quantité énorme de travail et de référencement sur votre site, quel est votre secret ?
Les réseaux sociaux sont pour nous le principal outils d'indexation de nos contenus dans les moteurs de recherche. Notre community management est notre petit secret ;)

. Quel genre de choses attire votre attention ?
La personnalité, l'authenticité et la modernité.

. Vous fixez-vous des règles dans votre équipe ?
Il faut toujours tenter avant de dire que ce n'est pas possible. 

. Y a t il quelque chose dont vous soyez spécialement fier ?
Le succes international de charlie le mindu auquel nous avons contribué mais aussi les nombreuses images exclusives que nous avons d'ed banger et d'autres. Nous participons a l'histoire d'une époque et d'une génération. 

. Quel est votre définition du graphisme ?
Le graphisme de Konbini nous permet d'orienter le regard sur nos programmes. Il pose aussi notre identité. On reconnait Konbini en un coup d'oeil. C'est notre signature. 

12/08/2011

9eme Concept: design collectif (version française)


9 ème Concept est un collectif camouflé (voir la 1er question) qui rassemble environ dix artistes aux traits bien marqués. Ils se sont faits connaître par leur série limitée pour Desperados. Ils ont également réalisés la charte visuelle de l'émission Groland : ( Ils aiment sortir des plates-bandes en expérimentant. Ils exposent et travaillent souvent avec/sur Sang9. Ils combinent des recherches personnelles et des commandes professionnelles, tout en recherchant une interactivité avec le public. Leur organisation prouve que l'individualité est possible dans une notion de groupe.
Actuellement ils sont présent sur l'expo "PARIS FOREVER". Je vous informe un peu tardivement mais si vous n'avez rien de prévu, allez les rencontrer au vernissage samedi 10/12/2011 à la galerie Magda Danysz. 
Aujourd'hui, c'est l'un des fondateurs Ned, qui répond à mes 6 questions, donc, merci à lui : )

. Depuis quant le collectif existe, puis comment l'avez-vous fondé ?
Le collectif de peintres 9eme Concept existe depuis 1990. A l'époque où Steph Carricondo et moi (Ned), déjà amis d'enfance, nous avons rencontré Jerk45 à l'école de graphisme à Paris. Nous ne voulions pas faire ce que tout le monde fesait à l'école, et on se réunissait dans la cave de l'école pour faire nos créations. D'où l'idée de monter un groupe.
Nous nous sommes structurés en association, puis la SARL "Le 9eme Concept".
. Vous fixez-vous des règles au studio ?
Nous ne prenons que les projets si il y a quelque chose d'intéressant à faire partager au public. On ne va pas prendre un budget uniquement pour le business. Il faut une histoire, un truc où nous pouvons en tant qu'artistes apporter quelque chose aux gens. Une émotion, un moment privilégié.

. Quelles sont vos objectifs en termes de création ?
Nous n'avons pas d'objectifs prè-définis, ce qui compte c'est l'idée principale. On essaye d'avoir un concept fort aussi bien au niveau du fond que de la forme.

. Vous travaillez avec des multinationales ou de grosses entreprise. Comment en arrive-t-on là ?
Nous sommes là depuis 20ans, donc les réseaux de relations se sont pas mal agrandis au fur et à mesure et du coup les marques sont venues à nous naturellement. Ce sont des rencontres humaines la plupart du temps. Nous avons fait des expositions marquantes comme Sang9 ou Peinture Fraîche à Beaubourg qui nous ont révélés au grand public. Quelques livres et éditions aussi comme le Desing&Designers chez Pyramyd qui sont devenus référents.

. Que retenez-vous des ces dernières années de collaboration (ex: Desperados, Reef, Nike Brazil...) ?
Toutes ces collaborations nous ont enrichis sur beaucoup de points. Les déplacements, les rencontres. Bref, être sur le terrain au contact des autres aussi. Au-delà du fait que cela génère une économie pour faire fonctionner notre entreprise, cela nous donne un certain recul sur notre travail et permet de nous faire avancer pour le futur.
. Quelles évolutions pour le design graphique constatez-vous ?
Il est difficile de se projeter en avant sur ce sujet. Les technologies évoluent très vite. Le principal est de garder la racine intacte. Avoir le dernier logiciel en date ne remplacera jamais le bon vieux carnet de croquis.