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2/10/2013

Faustine Badrichani: artist (version française)

Faustine Badrichani est une artiste française, qui a eu la chance de vivre à Paris, puis à Londres, elle s'est finalement installée à New York, il y a trois ans. À son arrivée, elle a pris la décision de ce consacrer entièrement à ses passions, l'art, la peinture, le dessin... Elle a développé sa signature à l'école St Martin de Londres puis à Parsons New School de New York, aujourd'hui elle poursuit son développement artistique en allant occasionnellement à l'Art Student League. Son style rappel les œuvres Neo-expressionnistes de Basquiat et l'ambiance de rue de Williamsburg (quartier de Brooklyn) et de l'East Village (sur l'ile de Manhattan). Cette artiste aime explorer de nouvelles techniques et différents horizons, pour améliorer son champ d'action et montrer une richesse diversifiée dans ses œuvres.
Dans la suite de cet article, elle nous décrit ses objectifs artistiques et sa manière d'être. Je la remercie de son intérêt pour cette interview.

. Pourriez vous vous décrire ?
Je suis une artiste française cosmopolite : depuis ma naissance (j’ai 28 ans) j’ai habité dans 15 villes différentes, et je suis basée à New York depuis 3 ans. Avant ça, j’étais à Londres… Pour moi, l’art est comme une ancre qui me permet de rester attachée à mon identité tout en évoluant dans des cercles géographiques et culturels différents. Concrétiser tous ces changements par la peinture me permets de gérer et d'absorber l'afflux de nouveautés et de rester ouverte sur les évènements.
J’ai décidé seulement récemment d’être artiste à plein temps, sur un coup de chance : je faisais encadrer en bas de chez moi des dessins que j’avais fait ; mon encadreur m’a rappelée 6 mois après car il ouvrait une galerie d’art, Rook Fine Art & Framing, dans Noho  spécialisée en “emerging artist et voulait m’exposer… J’ai fait ma première exposition, eu mes premières ventes et mes premiers soutiens, et j’ai décidé depuis de me consacrer uniquement à l’art. J’ai l’impression que ce genre d’histoire n’aurait pas pu m’arriver ailleurs qu’à New York…

. A quoi ressemble votre journée en tant qu’artiste ?
Toutes mes journées sont différentes et je fonctionne par phases. J’ai besoin d’une période peu productive pour engranger des images, des impressions, puis les digérer, pour pouvoir les retransmettre dans mes peintures et m’en inspirer. Dans ces phases là, je ne crée rien, je vais seulement à Spring Studio dessiner des nus car ça me détend, et me permet de ne pas perdre la main, je lis, je me promène, je vois des amis. Quand je suis en phase productive, je n’ai qu’une activité, la peinture, au point d’oublier parfois les autres aspects de ma vie. Je trouve cela assez dur d’être “multi task” et de penser à autre chose qu’à ce que je peins…
J’ai aussi un blog sur tumblr qui est comme un “inspiration board” pour moi, qui me prend beaucoup de temps, mais qui m’inspire aussi énormément : j’y recense tous les artistes que j’aime, aussi bien des graphistes, sculpteurs, illustrateurs, etc…
Et comme je n’ai pas une formation en art, je suis des workshops pour apprendre ou m’améliorer dans différentes techniques. J’ai suivi des cours a Parsons, et dans un Printshop l’année dernière, et je vais à l’Art Student League cette année ; ça me permet d’élargir mon champs de compétences et donc mon champs des possibles…
Je suis aussi présente sur des sites de locations d’oeuvres d’art (notamment artsicle.com), et des galeries online (Saatchionline, Ugallery), ou encore sur etsy.com, donc ça me prend un peu de temps en administration.
. Qu’essayez vous de transmettre à travers vos images, quels sont vos objectifs ?
Je ne me suis jamais posé cette question. Je crois que je peins initialement surtout pour moi, sans me préoccuper trop de mon audience. D’ailleurs, ça me perturbe toujours un peu de changer de méthode et de faire quelque chose “pour plaire”, c‘est souvent raté. Mes peintures sont surtout un moyen pour moi de montrer le monde et les évènements tels que je les vois et les ressens. Par exemple, Place Tahrir est mon interprétation des évènements de Mars 2011 en Egypte. Même si tous les symboles que j’utilise ne sont pas évidents pour le spectateur, ils le sont pour moi. Mes premières vraies toiles sont des “paysages urbains”, N.5th St et Rue Rouge, peintes juste après mon arrivée à New York. De mon point de vue, elles sont assez descriptives, mais ce n’est pas ce qu’on se dit en les voyant…

. Lorsque vous réalisez un projet, espérez-vous que le public prendra le temps nécessaire pour comprendre les enjeux de votre intervention ou préférez vous simplifier votre approche pour toucher le public le plus large possible ?

11/25/2012

Kevin Fafournoux: motion designer, graphiste (version française)

Aujourd'hui je vous présente un graphiste motion designer, diplômé des Beaux-Arts de Bruxelles, Kevin Fafournoux. Il avait beaucoup d'années d'expérience dans le milieu du graphisme, avant de se spécialiser dans sa nouvelle passion, le motion design. Il a récemment réalisé une vidéo intitulée "Chaque jour en France", qui a été publiée sur le blog de Geoffrey Dorne graphism.frIl fait partie de ceux qui aiment diffuser une information didactique, de manière dynamique et amusante. Son style montre que l'on peut faire quelque chose d'élaboré avec simplicité, tout en ayant quelques détails presque imperceptibles qui nous font sourire. Je le remercie d'avoir accepté de partager son univers avec nous.
. Qu'est ce qui vous a amené vers le "motion design" ?
C'est après un parcours de graphiste print (Baccalauréat Professionnel et BTS Communication Visuelle) que j'ai décidé de m'y lancer. J'ai toujours été intéressé par le motion, aussi bien pour voir des formes bouger ou animer des personnages. Comme c'est très technique, j'avais besoin d'une formation. Je pense toutefois que le motion design n'est pas dissociable du graphisme classique, il est donc important de savoir composer une image (composition, couleurs, typographie etc...) avant de se lancer dans son animation.

. Comment décrivez-vous votre style ?
J'ai toujours eu du mal à répondre à ce genre de questions puisqu'il est difficile de se définir soi même. Toujours est-il que mes proches associent à ma personnalité un style plutôt naïf, ludique, vivant et légèrement sensible. J'aime bien réaliser des illustrations au crayon plutôt tremblant mais je préfère par dessus tout l'illustration vectorielle avec un design plus travaillé, plus carré.
 

. Quels artistes vous inspirent le plus ?
Je suis incapable de répondre à cette question tant la liste est longue et exhaustive. Je passe une heure de mon temps chaque matin à éplucher les blogs qui relaient le meilleur de la création, comme : motiongrapher, AA13, MotionGraphics... Je trouve donc chaque jour des pépites que je m'empresse de rajouter dans mes favoris : ) Je vais aussi régulièrement sur les sites des agences et studios qui, à mon sens alimentent le motion design avec un très bon niveau : MK12BUCKMILL.


. Qu'est ce qui vous a poussé à faire la vidéo "Tout s'achète" faisant référence au film et livre 99francs 
Il s'agit là de mon premier "motion design". Il fallait que je choisisse un bout de dialogue de 30 secondes. C'est assez naturellement que j'ai choisi celui de 99francs, un film que j'apprécie beaucoup. J'ai passé plusieurs mois dans la direction artistique des agences publicitaires DDB LYON et PARIS, c'était donc une sorte de clin d'oeil à ce que j'ai pu vivre et voir.
Pour l'anecdote, j'avais réalisé en BTS un bout de ce même dialogue, alors que je n'y connaissais rien du tout en motion, le tout sur flash ! Avec du recul, le rendu n'était pas top, j'ai donc décidé de le refaire pour l'améliorer. Il s'agissait là de mon tout premier "vrai motion design."

8/13/2012

Rozenn Bothuon: illustratrice (version française)

Rozenn Bothuon est une illustratrice indépendante, qui ne se contente pas du dessin,  elle est membre du collectif  Les Femmes Poulpes avec Amélie Fléchais et créée des collections d'objets quelles mettent en vente ici.
Les illustrations Rozenn sont rafraîchissantes, vivantes et sophistiquées. Ces personnages rappellent des contes de fée, pourtant elle a un style similaire aux mangas qui se reflète dans ses compositions (personnage aux grosses têtes, gros grand yeux…) Pour autant, son style est bien unique, et contient d'après moi, une certaine nostalgie et de la naïveté. 
Elle s’adresse régulièrement aux jeunes grâce à une collaboration avec La Marelle éditions
J'espère que son univers vous séduira. Et je remercie Rozenn pour partager sa passion avec nous.
. Comment vous êtes fait vous connaître ?
Je ne sais pas exactement ce qui a permis ou non de toucher plus de gens… Je pense que ça se fait petit à petit. J'ai eu l'occasion de participer à plusieurs salons et évènements, c'est toujours une bonne occasion pour rencontrer des gens et avoir un retour direct. Les premières publications… et puis la création du blog, il y a 4 ans à certainement bien aider. Aujourd'hui, c'est assez facile de partager son travail via internet. Après, je pense que c'est la qualité et le sens de notre travail qui font la différence et qui peuvent provoquer de l'intérêt. Je ne suis pas très doué pour la com, comme on dit, j'essai un petit peu via mon blog et facebook, sans en faire de trop. Je n'aime pas l'idée de forcer la main juste pour se faire connaitre, ça n'a pas de sens… Finalement, je préfère me concentrer sur la création, c'est bien plus amusant.

. Dans quel but créez-vous ces illustrations ?

Hmm… pour gagner mon pain ? Hé oui, c'est un métier ! Bon après je vais faire une réponse assez classique, je dessine et bidouille depuis toujours et c'est très naturellement que j'en suis arrivé à en faire mon métier. Je ne pouvais pas imaginer faire autre chose. C'est comme ça. Je suis toujours très curieuse et avide d'expérimenter de nouvelles choses et même de tester de nouveaux support et médium, au delà de l'illustration. (Dernièrement, je me suis lancé dans la création d'une poupée de chiffon °^°/ )  Je regarde beaucoup autour de moi, tout m'inspire, j'agrandis mon champ de références, les idées viennent, je les travaille, et je les traduit plastiquement. Ca donne toujours des créations qui sont très proche de ce que je suis dans le quotidien et qui me ressemble. A vrai dire, c'est un peu compulsif et à cause de ça j'ai un peu tendance à m'éparpiller, mais c'est toujours enrichissant. Ce qui est certain c'est que j'essaie de ne jamais me reposer sur mes acquis, j'aime aller plus loin. Ce n'est pas toujours évident de proposer quelque chose de nouveau, mais c'est ce qui est passionnant. Je suis venu un peu plus tard à travailler pour les enfants et là c'est une démarche qui est forcément différente. Il ne faut pas être égoïste et penser avant tout à eux: Qu'est-ce qui les amusera ? Qu'est ce que ça peut leur apporter ? En ce moment je suis assez heureuse de pouvoir concilier mes envies et ce que je peux faire pour les gamins.

. Quels « conseils » donneriez-vous à des illustrateurs qui démarrent ou qui voudraient suivre cette voie ?
J'ai l'impression de "démarrer" aussi, donc je ne sais pas si je suis bien placée pour donner des conseils. Mais ce qui me parait important c'est d'être curieux et de suivre ses envie plus que de vouloir plaire. Se remettre en question, expérimenter, être sincère dans sa démarche. Et aussi… ne pas se laisser marcher sur les pieds. Rêveur, peut être, mais c'est un métier. Nous avons le droit d'en vivre dignement et d être respecté. Nous sommes trop souvent utilisé comme variable d'ajustement… C'est primordiale que les jeunes dessinateurs et dessinatrices en aient conscience.

. Depuis quand le collectif Des Femmes Poulpes existe, puis comment l'avez-vous fondé ?

2/04/2012

Amelie Chabannes: artist (english version)

Let’s do the promoting of a French artist lives in USA. Amelie Chabannes study at ENSAD, Paris and she move in Brooklyn in 2003. She exhibited regularly in France (FIAC, Hussenot Gallery, La Hune Gallery ...). Her themes are related to her personal history with the connections and the disconnections between countries.
It is a fact, in France the young artists struggling to emerge. She took the opportunity to live in a cities where art is riche and promote as London, San Francisco…, and she have the advantage to have great sponsors.
Fallow up, she describe her experience, the way she working... thank you for participating.

. What was your first art production?
A series of photographed installations and after that a precious list series of drawings, it was a real "cadastre"! We was able to found topography on paper, actors, objects, the location of the camera... this was a precise notes of installations facilities and the impact on use.

1/01/2012

Cédric Malo, TABAS: illustrator (version française)

Tabas, vient de l’expression argot : «ça tabasse !», qui signifie ça claque, ça tue... Ce pseudonyme est porté par Cedric Malo, qui est la tête de file des graphistes Marseillais (origine Auxerroise). Autodidacte, il s'est formé dans les rues avec le graffiti, il a fait rapidement un BTS. Aujourd'hui, il agit dans le monde de la pub, pour avoir une contre-balance sur des projets plus "modestes" et créatifs, tout cela grâce à ses agents et à son studio "Le bureau de Tabas". Cet illustrateur fait parti des 99% de graphistes qui dessinent avec leurs souris, et des 1% qui utilisent des feutres noir !! 
A la vision de Marseille 2013, ce monsieur est bien actif. Il évite les clichés de la cigale et de la sardine. Il aime créer un équilibre entre passion et vie privée, auto-satisfaction et satisfaction du client... Ce graphiste français, illustrateur et directeur artistique répond à nos questions. Merci à lui. Il y a encore plein de choses à dire sur lui, mais pour éviter la répétition je vous conseille la liste de lien.

. Quelles sont vos objectifs en termes de création ?
Je n'ai pas d'objectif particulier. Si l'on parle de commande, au final, j'essaie d'être aussi satisfait du résultat que mon propre client. Pour les projets plus personnels, le but est de me faire plaisir avant tout. J'essaie tant que possible de produire des choses qui parlent aux gens, souvent à la main, j'y met du sens, mais je n'ai aucune règle pré-établie alors j'improvise.
. Avez-vous une influence particulière ?
Quand j'étais étudiant, internet n'était pas encore répandu. La bibliothèque graphique de l'école au milieu des années 90's, n'avait que deux malheureux livres (Neville Brody et David Carson). Par contre, le graffiti a joué pour moi un rôle marquant, un grosse claque. 
Aujourd'hui, de manière générale les gens, mes voyages et ma vie quotidienne influencent mon travail. Je m'intêresse plutôt à la sieste, le jardinage et l'art contemporain, mais de moins en moins aux livres et blogs de graphisme car tout se ressemble dans une déferlante d'images.

. Y a t il quelque chose dont vous soyez spécialement fier ?
Plein de choses, mais en particulier les choses qui ont été atypiques. J'aime ce qui est différent. Des pipes dans une église, faire venir 30 000 personnes avec des affiches blanches, ou designer des bouteilles et verres de la boisson anisée, devenu à Marseille un sport national, sont des choses qui m'excitent. Je n'aurai jamais pensé faire tout cela quand j'ai commencé par dessiner dans la rue.

. Que retenez-vous de ces dernières années de collaboration (festival Marsatac,bouteille 51,Le Monde Magazine... ?
Certains projets sont récurrents depuis bientôt 10 ans et d'autres sont juste un "one shot".
Le point commun entre tous ces projets, excepté la diffusion assez large de chacun, c'est d'abord l'humain. Je me rend compte de l'importance de la relation humaine dans la qualité du résultat obtenu. Le plus difficile n'est pas de réaliser des bons projets. Je cherche d'abord à trouver les interlocuteurs qui me font confiance. 
. Quelles évolutions pour le design graphique constatez-vous ?
Depuis 1970-1975, cette fameuse période de crise, dans laquelle les trentenaires ont toujours vécus, a suscité de nombreuses vocations artistiques. Quitte à ne pas gagner vraiment d'argent, autant faire ce que l'on aime... Il se trouve que les écoles de graphisme pullulent, et même nos clients sont devenus graphistes et piquent les stagiaires. Pour ma part, cette abondance d'images aura peut être eu le mérite d'élargir la culture visuelle des gens et celle de certains décideurs poussiéreux. Certains graphistes, faute de commandes se décident quelques fois à changer de casquette et deviennent leur propre client. La frontière entre client, graphiste, artiste, auteur, et organisateur, est souvent très mince...

. Quel est votre secret ?
La cigarette et pas de sport du tout.

. Les lien :
http://bureaudetabas.wordpress.com/
http://www.tabas.fr/
http://www.evasion.cc/blog/comments/interview-graphiste-tabas/
http://tdme.free.fr/?p=2498
http://www.bloodyloud.com/artist-graphic-designer-cedric-malo-aka-tabas/
http://www.enprovence.fr/rubrique/culture-et-mode_r5/en-place-avec-tabas_a278/1
http://www.trendsnow.net/interview-de-cedric-malo

12/23/2011

Alban Gervais, paygraphisme: designer (version française)

Aujourd'hui déambulons dans l'univers d'un graphiste/ directeur artistique/ indépendant et occasionnellement professeur, Alban Gervais. Il agit principalement dans le domaine de l'édition, mais sa vision va au delà, la conception de son travail est très interactive. Il prépare actuellement un site internet pour un de ses projets personnels (voir la dernière question). Il fait partie de ces graphistes qui fournissent un travail de grande précision sur une réflexion bien développée. Il se remet perpétuellement en question afin de fournir le meilleur de son travail à chaque occasion. L'un de ses premiers travaux professionnel était pour l’APCI (1er visuel sur l'article), ici il a créé "l’eiffelfabet" une typo faite volontairement avec des éléments de la Tour Eiffel pour reconnaitre Paris. Aujourd'hui, il nous explique son travail et ses objectifs. Merci pour ses réponses et visuels.
. Quels étaient vos premiers projets ? Comment votre travail a-t'il évolué depuis ?
Mon premier projet s’est mis en place pendant mon cursus scolaire, notamment lorsque l’on vous laisse aborder obligatoirement une thématique. Face à cette absence de réponses à apporter immédiatement, et considéré de fait comme un auteur-chercheur, j’ai souhaité me confronter aux paysages dans lesquels j’ai grandi (campagne havraise), puis j’ai poursuivis paygraphisme, face à d’autres espaces, traversés, Strasbourg 2003-2005 (www.trameways.net). Je continue sans savoir où vais-je exactement : vers des présentations-installations, performances ou non, animer mes images et/ou constituer des petites publications…

. Avez-vous une influence particulière ?
Mes influences se créent aux grès de rencontres pas si fortuites que cela.
C’est-à-dire qu’il y a des sites recensant ce que je semble aimer.
C’est à la fois terrible de formater ainsi mes yeux, mais il y a parfois des images dîtes actives*, qui m’incite à les retenir pour y revenir. 
C’est une forme de veille iconographique, un réservoir où j’y puise, en fonction des étiquettes que je leur donne, des images d’installations d’art contemporain, de détails typographiques ou des dessins d’architectures. 
J’ai suivi avec une très grande motivation les cours d’histoire de l’art, d’histoire du cinéma et ceux de Pierre Ponant (graphisme).
. Quelle importance accordez-vous à la typo dans un projet ?
J’essaie de jauger l’importance que la typographie aura dans le projet : parce qu’il y a aussi le format, le volume, le choix du papier puis la part accordée aux images et là, la confrontation texte/image inévitablement devra être développée, justifiée puis appréciée… C’est un ingrédient qui doit trouver sa place au sein du projet global. Parfois je veux en faire la pièce maîtresse et je la dessine (typographies de titrage), parfois elle peut ne pas être la priorité mais une des priorités. Pour en retenir une (surtout pour les typographies de labeur), mon regard se focalise sur des détails qui créent une distinction même infimeavec les typographies d’une réelle banalité - Helvetica, Times. (Cf. http://www.bobwilson.co.uk/). J’en acquiert sur www.ourtype.be

.Quelles sont selon vous, les bases d'un graphisme efficace ?
Le graphisme doit susciter l’émotion et provoquer la réflexion.
Je tâche de me lancer le plus souvent possible un défi : le pari d'obtenir des émotions sans avoir besoin de recourir à une forte densité d'éléments décoratifs et symboliques. Ainsi, mesurer la densité des éléments, c’est rechercher un juste équilibre où le hasard peut également avoir son rôle à jouer. Mais le risque du minimalisme est qu’il donne naissance à des formes parfois polissées.
Le biscornu peut aussi servir selon le contexte, et l’hybride, c’est-à-dire le recyclage de formes, s’oppose à cette aseptisation et, potentiellement, agrandie une famille de formes, de propositions, de solutions. L’énigme graphique, elle, nourrit l’imaginaire et titille mes pupilles. Le contre-pied d’un sujet permet de balayer l’ensemble du problème et peut finir par clarifier sa résolution. Beauté du paradoxe.
En somme, transmettre un message clair qui laisse cependant l’ouverture du rebond et de la vacance * est une démarche que je me fixe. Atteindre l’ambiguïté, c’est-à-dire, chasser l’évidence, développer son expérience et révéler la clarté du message demeure la base de mon approche graphique.
Grâce aux moyens donnés (contexte, économie : développement) et l’organisation des formes créées (baroques, simples : composition), je dois aiguiller la rétine du passant.
* François Barré à propos de Roman Cieslewicz

. Quel est votre secret ?
J’aime dialoguer, parler, aborder. Parcourir, fuir puis revenir. Chuchoter, évoquer et déborder. Insinuer, enfermer des formes et m’exprimer. Penser, cacher un sens et exposer. J’aime les arcanes, une estrade, le black-out. Je dois me trahir.
. Des projets pour l'avenir, une exposition peut-être ?
Une exposition / installation / performance vient d’avoir lieue. J’ai eu l’opportunité de montrer des images paygraphiques, le samedi 3 décembre aux Lilas. Dans le cadre du Manuel du Voyageur impénitent, organisé par l’espace Khiasma, j’ai occupé pendant une journée leur espace de stockage,  où les cartons ont été ré-agencés. Situé à l’arrière-cour de l’immeuble dans lequel j’ai vécu 4 ans, c’est ce point précis — un secret dévoilé — qui fait lien avec l’événement : Mon Voisin est un artiste - Paysages trouvés *. Beaucoup de mes secrets ont ainsi été extériorisés et j’ai vraiment apprécié la chose… Je continue de développer avec l’aide d’un ami (A. Manaranche), le site internet www.paygraphisme.net et un travail collaboratif d’animation du paysage.

http://www.evous.fr/Alban-Gervais,1179687.html

12/19/2011

Christophe Sivadier: typographe dans notre vie (version française)


Christophe Sivadier s'est spécialisé en communication visuelle puis en typographie. Il aime s'adresser au grand public (municipalité, syndicat, festival…) de manières colorées et dynamiques. Tout en tournant et retournant les volutes et les courbes des plumes Montblanc. Je vous conseille vivement de vous promener sur son site, qui change des standards de graphistes. L’auto-dérision y trouve sa place. Il nous décrit ses références et son univers. Merci à lui.

. Quels étaient vos premiers projets ? Comment votre travail a t'il évolué depuis ?
On va prendre ma première expérience rémunérée. C'était la refonte complète du design graphique d'un magazine "niche" dédié au stylo-plume de luxe (!!!). Une thématique pain-béni pour un graphiste/typo fraîchement sorti de l'école. J'avais alors du temps, et ça m'a permis de me confronter aux problématiques courantes d'un magazine : création de "rendez-vous" éditoriaux, gestion des feuilles de style de manière poussée et fonctionnelle, dialogue avec les journalistes sur les calibrages de rubriques, etc… J'y avais compilé à l'époque sans doute trop d'idées dans un même projet (pêché de jeunesse!). J'ai depuis appris à épargner mes réalisations du superflu (oui on peut se passer des ligatures "ffl" dans la vie).
. Quels courants et quels graphistes ont influencé votre parcours ?
Étudiant on se cherche toujours des modèles, et plutôt des gens vivants (bizarrement?). Du coup, le merveilleux travail d'un Karl Gerstner trouvait sans doute moins grâce à mes yeux, comparé à un Ruedi Baur intervenant alors avec la signalétique du Centre Pompidou dans MON espace public. Dans cette logique, Pentagram (Paula Scher entre autres talents), Vince Frost ou Stefan Sagmeister ont vite constitué ma "dream team". Rien de bien original à citer ces designers multi-récompensés, mais saluons leur constance dans l'excellence. Ce sont des penseurs avant tout qui arrivent à s'abstraire des considérations de stylistes et à proposer des solutions atemporelles.

. Quelles sont selon vous, les bases d'un graphisme efficace ?
Un brief bien reformulé, une problématique de communication bien définie, une économie de moyens dans les solutions proposées, une attention particulière donnée à la réalisation/fabrication.

. Quel genre de choses attire votre attention ?
Graphiquement, disons tout ce qui peut paraître "décalé" d'un premier abord, mais qui se révèle être d'une évidence imparable. J'aime l'idée qu'un objet de communication "flatte" l'intelligence de celui qui le regarde et développe ainsi une certaine complicité, un clin d'œil malin.

. Quels sont vos projets d'avenir ?
Combattre la fin dans le monde prévue pour décembre 2012.

. Avez-vous certains secret ?
On va s'abstenir sur cette question de répondre par une pirouette, donc je dirais, et puisque l'on parle de graphisme, … j'ai plutôt une bonne mémoire des formes typographiques et je peux sans doute arriver sur le podium à l'occasion d'un quizz. Blague à part ça aide quand même lorsque vient le moment de choisir un outillage typographique, je ne suis pas en train de "browser" des fontes à l'infini sans savoir ce que je cherche.

Les liens :
www.jecherchedesproblemes.com
www.labomatic.org

12/16/2011

L'équipe Konbini: website interview (version française)

Pour l'origine, le nom konbini est Japonais コンビニ de l'anglais "convenience store" c'est un commerce ouvert 24h/24 et 7j/7. Ce Konbini à été élaboré en 2008 par Lucie Beudet et David Creuzot ex membre de La Chose. Pour les novices, c'est une plate-forme de divertissement interactive. En gros, le but est de faire de la pub innovatrice et plus créative. Toujours est-il que le site est une ressource documentaire intéressante, car ils proposent une web TV, un blog, des magazines comment :
. 5 Min Après le film, cornique de film
. Charlie's treatment, cornique de "mode"…
Ce site s'adresse principalement aux jeunes urbains et ils regroupement des créatifs entreprenant et innovant, qui sévissent dans le domaine du web "digital".
Voici une petite introduction de David Creuzot, piocher sur strategies.fr pour présenter rapidement leurs principes "Notre conviction, qui n'est pas partagée par tout le marché, est qu'il faut privilégier les contenus et d'abord intéresser une cible - en l'espèce les jeunes - avec des divertissements de qualités. Cela implique que les marques soient moins intrusives et n'interviennent pas dans la conception des contenus au risque d'en diminuer l'attraction, mais qu'elles apparaissent en parallèle du contenu. La publicité sur les programmes devient un produit dérivé du programme."
Dans la suite de cet article David Creuzot nous délivre d'autre information. Merci à lui.
. Quels étaient vos premiers programme ?
Notre premier programme était orchestré par l'artiste gonzales. Un programme dans lequel il montrait l'absurdité de la promotion dans la presse musicale. Avec une voix Off, il commentait ses propres interviews. Le dernier épisode était un fake mais chuut. 
On stage with avec jojo et brice était une émission très drôle dans laquelle nos animateurs avaient des cameras sur la tête pour nous faire vivre les concerts de l'intérieur. Une émission qui nous a permis de faire découvrir une bonne partie de la nouvelle scène indé et electro. 

. Comment votre travail a t'il évolué depuis ?
Nous n'avons pas le monopole des images. Nous recherchons à produire des nouvelles choses plus authentiques et sans formats. Le programme le plus representatif de cette évolution est auto interview. Un programme où les artistes se mettent en scene eux mêmes. C'est finalement leur créativité qui est jugée. Nous ne faisons que le montage. 

. J'ai l'impression que vous engendré une quantité énorme de travail et de référencement sur votre site, quel est votre secret ?
Les réseaux sociaux sont pour nous le principal outils d'indexation de nos contenus dans les moteurs de recherche. Notre community management est notre petit secret ;)

. Quel genre de choses attire votre attention ?
La personnalité, l'authenticité et la modernité.

. Vous fixez-vous des règles dans votre équipe ?
Il faut toujours tenter avant de dire que ce n'est pas possible. 

. Y a t il quelque chose dont vous soyez spécialement fier ?
Le succes international de charlie le mindu auquel nous avons contribué mais aussi les nombreuses images exclusives que nous avons d'ed banger et d'autres. Nous participons a l'histoire d'une époque et d'une génération. 

. Quel est votre définition du graphisme ?
Le graphisme de Konbini nous permet d'orienter le regard sur nos programmes. Il pose aussi notre identité. On reconnait Konbini en un coup d'oeil. C'est notre signature. 

12/11/2011

Christophe Blanc: Je suis super, non pas moi mais lui, designer (version française)

Je suis Super, mais pas tout le temps. Qui suis-je alors ? Un super-héros désenchanté, rebelle, désorienté…? Ce super-héros nommé "SUPER" est animé par Christophe Blanc avec Jean François Oliver, depuis trois ans. 
La puissance de SUPER est un peu "maladroite" et très décalée, mais on lui pardonne, c'est pour une bonne cause : la justice… Malheureusement son combat est perdu d'avance, en effet, il est rouge comme le sang. Puis finalement dans cette série, n'avons-nous pas une petite analyse, et critique de notre société !? SUPER, l'hommage aux super-héros américain ou/et à Don Quichotte.
En ce moment vous pouvez découvrir SUPER à la galerie Jean Marc Thévenet, rue de montmorency Paris 3° (plus d'information sur le foyer dans l'article)
. Quel a été votre parcours ?
Je crois que je me suis jeté dans la création graphique comme d'autres se jettent a la mer ;
adolescent, je me dirigais plutôt vers une carriere sportive limite militaire, j'étais trés physique et trop plein d'énergie ou de sucre! mais à cause de mon petit gabarit et de certaines mauvaises rencontres les portes du monde des corps se sont fermées les unes derrières les autres. Je me suis donc inscrit à l'école des beaux arts de Toulouse un peu par colère et un peu par convalescence. Finalement çà m'a plus, j'ai ensuite fais le choix de l'option "communication" où j'ai commencé à pratiquer intensément le dessin et la vidéo, avec la sangria aussi.
Cette vidéo "chien animal musical" est la toute première que j'ai réalisée , sur un vieux banc de montage analogique : http://www.dailymotion.com/video/xb6ah_chien_creation
et celle là une des vidéos de mon diplôme de fin d'année, la ressemblance avec John Wayne est saisissante... http://www.dailymotion.com/video/xb6bz_cowboy-subliminal_animals

. Vos objectifs en termes de création ? 
Actuellement je travaille beaucoup sur le projet "je suis SUPER" , c'est a l'origine un projet de dessin animé que je développe sur internet avec le musicien Jean-François Oliver. C'est un projet sur un super-héro qui fait la justice : SUPER , c'est trés basique et çà parle vite à tout le monde, ce qui nous permet de tester pas mal de trucs autour du projet par exemple des installations, des disques, des t-shirts, des  frisbees etc...
D'ailleurs le 14 décembre a Paris je présente une exposition graphique autour de SUPER ; "SUPER et les santons de la providence", avec des dessins des affiches des peintures et des santons en terre peintes... actuellement nous travaillons sur une série de jeux vidéos pour Smartphone et parallèlement sur une comédie musicale avec un orchestre de bal.
. Quelles ont été les rencontres qui ont changés votre perception du graphisme ?
Un des premiers déclics c'est le dessinateur Cabu, qui dessinait a l'époque dans une émission pour enfant, il faisait des sortes de jeux où il fallait deviner la fin de son dessin ou quelque chose comme çà, dans cette séquence par exemple on voit bien la finesse du trait et du propos ainsi que la perversion de Cabu qui est quand même encore aujourd'hui un dessinateur de gauche...: (voir à partir de 2 minutes) http://www.dailymotion.com/video/x2okvs_recre-a2-emission_family, tout petit c'était mon rêve! Même sa coiffure ne me choquait pas ! J'étais aveuglé. Ensuite j'ai eu une grande période où je ne m'intéressais qu'aux pochettes d'iron maiden et aux magazines de montain bike, heureusement je me suis foulé une cheville et je suis tombé sur le Monty Python's Flying Circus à la télé, j'étais totalement scotché par les animations de terry guilliam, ensuite j'ai découvert le Dernier Cri (http://www.lederniercri.org/)  et pleins d'auteurs et de structures indépendantes, çà m'a beaucoup marqué (pierre lapolice, jean Lecointre, Cizo, lilian Ledoubre...)

. Y a t il quelque chose dont vous soyez spécialement fier ?

12/08/2011

9eme Concept: design collectif (version française)


9 ème Concept est un collectif camouflé (voir la 1er question) qui rassemble environ dix artistes aux traits bien marqués. Ils se sont faits connaître par leur série limitée pour Desperados. Ils ont également réalisés la charte visuelle de l'émission Groland : ( Ils aiment sortir des plates-bandes en expérimentant. Ils exposent et travaillent souvent avec/sur Sang9. Ils combinent des recherches personnelles et des commandes professionnelles, tout en recherchant une interactivité avec le public. Leur organisation prouve que l'individualité est possible dans une notion de groupe.
Actuellement ils sont présent sur l'expo "PARIS FOREVER". Je vous informe un peu tardivement mais si vous n'avez rien de prévu, allez les rencontrer au vernissage samedi 10/12/2011 à la galerie Magda Danysz. 
Aujourd'hui, c'est l'un des fondateurs Ned, qui répond à mes 6 questions, donc, merci à lui : )

. Depuis quant le collectif existe, puis comment l'avez-vous fondé ?
Le collectif de peintres 9eme Concept existe depuis 1990. A l'époque où Steph Carricondo et moi (Ned), déjà amis d'enfance, nous avons rencontré Jerk45 à l'école de graphisme à Paris. Nous ne voulions pas faire ce que tout le monde fesait à l'école, et on se réunissait dans la cave de l'école pour faire nos créations. D'où l'idée de monter un groupe.
Nous nous sommes structurés en association, puis la SARL "Le 9eme Concept".
. Vous fixez-vous des règles au studio ?
Nous ne prenons que les projets si il y a quelque chose d'intéressant à faire partager au public. On ne va pas prendre un budget uniquement pour le business. Il faut une histoire, un truc où nous pouvons en tant qu'artistes apporter quelque chose aux gens. Une émotion, un moment privilégié.

. Quelles sont vos objectifs en termes de création ?
Nous n'avons pas d'objectifs prè-définis, ce qui compte c'est l'idée principale. On essaye d'avoir un concept fort aussi bien au niveau du fond que de la forme.

. Vous travaillez avec des multinationales ou de grosses entreprise. Comment en arrive-t-on là ?
Nous sommes là depuis 20ans, donc les réseaux de relations se sont pas mal agrandis au fur et à mesure et du coup les marques sont venues à nous naturellement. Ce sont des rencontres humaines la plupart du temps. Nous avons fait des expositions marquantes comme Sang9 ou Peinture Fraîche à Beaubourg qui nous ont révélés au grand public. Quelques livres et éditions aussi comme le Desing&Designers chez Pyramyd qui sont devenus référents.

. Que retenez-vous des ces dernières années de collaboration (ex: Desperados, Reef, Nike Brazil...) ?
Toutes ces collaborations nous ont enrichis sur beaucoup de points. Les déplacements, les rencontres. Bref, être sur le terrain au contact des autres aussi. Au-delà du fait que cela génère une économie pour faire fonctionner notre entreprise, cela nous donne un certain recul sur notre travail et permet de nous faire avancer pour le futur.
. Quelles évolutions pour le design graphique constatez-vous ?
Il est difficile de se projeter en avant sur ce sujet. Les technologies évoluent très vite. Le principal est de garder la racine intacte. Avoir le dernier logiciel en date ne remplacera jamais le bon vieux carnet de croquis.