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1/01/2012

Cédric Malo, TABAS: illustrator (version française)

Tabas, vient de l’expression argot : «ça tabasse !», qui signifie ça claque, ça tue... Ce pseudonyme est porté par Cedric Malo, qui est la tête de file des graphistes Marseillais (origine Auxerroise). Autodidacte, il s'est formé dans les rues avec le graffiti, il a fait rapidement un BTS. Aujourd'hui, il agit dans le monde de la pub, pour avoir une contre-balance sur des projets plus "modestes" et créatifs, tout cela grâce à ses agents et à son studio "Le bureau de Tabas". Cet illustrateur fait parti des 99% de graphistes qui dessinent avec leurs souris, et des 1% qui utilisent des feutres noir !! 
A la vision de Marseille 2013, ce monsieur est bien actif. Il évite les clichés de la cigale et de la sardine. Il aime créer un équilibre entre passion et vie privée, auto-satisfaction et satisfaction du client... Ce graphiste français, illustrateur et directeur artistique répond à nos questions. Merci à lui. Il y a encore plein de choses à dire sur lui, mais pour éviter la répétition je vous conseille la liste de lien.

. Quelles sont vos objectifs en termes de création ?
Je n'ai pas d'objectif particulier. Si l'on parle de commande, au final, j'essaie d'être aussi satisfait du résultat que mon propre client. Pour les projets plus personnels, le but est de me faire plaisir avant tout. J'essaie tant que possible de produire des choses qui parlent aux gens, souvent à la main, j'y met du sens, mais je n'ai aucune règle pré-établie alors j'improvise.
. Avez-vous une influence particulière ?
Quand j'étais étudiant, internet n'était pas encore répandu. La bibliothèque graphique de l'école au milieu des années 90's, n'avait que deux malheureux livres (Neville Brody et David Carson). Par contre, le graffiti a joué pour moi un rôle marquant, un grosse claque. 
Aujourd'hui, de manière générale les gens, mes voyages et ma vie quotidienne influencent mon travail. Je m'intêresse plutôt à la sieste, le jardinage et l'art contemporain, mais de moins en moins aux livres et blogs de graphisme car tout se ressemble dans une déferlante d'images.

. Y a t il quelque chose dont vous soyez spécialement fier ?
Plein de choses, mais en particulier les choses qui ont été atypiques. J'aime ce qui est différent. Des pipes dans une église, faire venir 30 000 personnes avec des affiches blanches, ou designer des bouteilles et verres de la boisson anisée, devenu à Marseille un sport national, sont des choses qui m'excitent. Je n'aurai jamais pensé faire tout cela quand j'ai commencé par dessiner dans la rue.

. Que retenez-vous de ces dernières années de collaboration (festival Marsatac,bouteille 51,Le Monde Magazine... ?
Certains projets sont récurrents depuis bientôt 10 ans et d'autres sont juste un "one shot".
Le point commun entre tous ces projets, excepté la diffusion assez large de chacun, c'est d'abord l'humain. Je me rend compte de l'importance de la relation humaine dans la qualité du résultat obtenu. Le plus difficile n'est pas de réaliser des bons projets. Je cherche d'abord à trouver les interlocuteurs qui me font confiance. 
. Quelles évolutions pour le design graphique constatez-vous ?
Depuis 1970-1975, cette fameuse période de crise, dans laquelle les trentenaires ont toujours vécus, a suscité de nombreuses vocations artistiques. Quitte à ne pas gagner vraiment d'argent, autant faire ce que l'on aime... Il se trouve que les écoles de graphisme pullulent, et même nos clients sont devenus graphistes et piquent les stagiaires. Pour ma part, cette abondance d'images aura peut être eu le mérite d'élargir la culture visuelle des gens et celle de certains décideurs poussiéreux. Certains graphistes, faute de commandes se décident quelques fois à changer de casquette et deviennent leur propre client. La frontière entre client, graphiste, artiste, auteur, et organisateur, est souvent très mince...

. Quel est votre secret ?
La cigarette et pas de sport du tout.

. Les lien :
http://bureaudetabas.wordpress.com/
http://www.tabas.fr/
http://www.evasion.cc/blog/comments/interview-graphiste-tabas/
http://tdme.free.fr/?p=2498
http://www.bloodyloud.com/artist-graphic-designer-cedric-malo-aka-tabas/
http://www.enprovence.fr/rubrique/culture-et-mode_r5/en-place-avec-tabas_a278/1
http://www.trendsnow.net/interview-de-cedric-malo

12/19/2011

Christophe Sivadier: typographe dans notre vie (version française)


Christophe Sivadier s'est spécialisé en communication visuelle puis en typographie. Il aime s'adresser au grand public (municipalité, syndicat, festival…) de manières colorées et dynamiques. Tout en tournant et retournant les volutes et les courbes des plumes Montblanc. Je vous conseille vivement de vous promener sur son site, qui change des standards de graphistes. L’auto-dérision y trouve sa place. Il nous décrit ses références et son univers. Merci à lui.

. Quels étaient vos premiers projets ? Comment votre travail a t'il évolué depuis ?
On va prendre ma première expérience rémunérée. C'était la refonte complète du design graphique d'un magazine "niche" dédié au stylo-plume de luxe (!!!). Une thématique pain-béni pour un graphiste/typo fraîchement sorti de l'école. J'avais alors du temps, et ça m'a permis de me confronter aux problématiques courantes d'un magazine : création de "rendez-vous" éditoriaux, gestion des feuilles de style de manière poussée et fonctionnelle, dialogue avec les journalistes sur les calibrages de rubriques, etc… J'y avais compilé à l'époque sans doute trop d'idées dans un même projet (pêché de jeunesse!). J'ai depuis appris à épargner mes réalisations du superflu (oui on peut se passer des ligatures "ffl" dans la vie).
. Quels courants et quels graphistes ont influencé votre parcours ?
Étudiant on se cherche toujours des modèles, et plutôt des gens vivants (bizarrement?). Du coup, le merveilleux travail d'un Karl Gerstner trouvait sans doute moins grâce à mes yeux, comparé à un Ruedi Baur intervenant alors avec la signalétique du Centre Pompidou dans MON espace public. Dans cette logique, Pentagram (Paula Scher entre autres talents), Vince Frost ou Stefan Sagmeister ont vite constitué ma "dream team". Rien de bien original à citer ces designers multi-récompensés, mais saluons leur constance dans l'excellence. Ce sont des penseurs avant tout qui arrivent à s'abstraire des considérations de stylistes et à proposer des solutions atemporelles.

. Quelles sont selon vous, les bases d'un graphisme efficace ?
Un brief bien reformulé, une problématique de communication bien définie, une économie de moyens dans les solutions proposées, une attention particulière donnée à la réalisation/fabrication.

. Quel genre de choses attire votre attention ?
Graphiquement, disons tout ce qui peut paraître "décalé" d'un premier abord, mais qui se révèle être d'une évidence imparable. J'aime l'idée qu'un objet de communication "flatte" l'intelligence de celui qui le regarde et développe ainsi une certaine complicité, un clin d'œil malin.

. Quels sont vos projets d'avenir ?
Combattre la fin dans le monde prévue pour décembre 2012.

. Avez-vous certains secret ?
On va s'abstenir sur cette question de répondre par une pirouette, donc je dirais, et puisque l'on parle de graphisme, … j'ai plutôt une bonne mémoire des formes typographiques et je peux sans doute arriver sur le podium à l'occasion d'un quizz. Blague à part ça aide quand même lorsque vient le moment de choisir un outillage typographique, je ne suis pas en train de "browser" des fontes à l'infini sans savoir ce que je cherche.

Les liens :
www.jecherchedesproblemes.com
www.labomatic.org

12/08/2011

9eme Concept: design collectif (version française)


9 ème Concept est un collectif camouflé (voir la 1er question) qui rassemble environ dix artistes aux traits bien marqués. Ils se sont faits connaître par leur série limitée pour Desperados. Ils ont également réalisés la charte visuelle de l'émission Groland : ( Ils aiment sortir des plates-bandes en expérimentant. Ils exposent et travaillent souvent avec/sur Sang9. Ils combinent des recherches personnelles et des commandes professionnelles, tout en recherchant une interactivité avec le public. Leur organisation prouve que l'individualité est possible dans une notion de groupe.
Actuellement ils sont présent sur l'expo "PARIS FOREVER". Je vous informe un peu tardivement mais si vous n'avez rien de prévu, allez les rencontrer au vernissage samedi 10/12/2011 à la galerie Magda Danysz. 
Aujourd'hui, c'est l'un des fondateurs Ned, qui répond à mes 6 questions, donc, merci à lui : )

. Depuis quant le collectif existe, puis comment l'avez-vous fondé ?
Le collectif de peintres 9eme Concept existe depuis 1990. A l'époque où Steph Carricondo et moi (Ned), déjà amis d'enfance, nous avons rencontré Jerk45 à l'école de graphisme à Paris. Nous ne voulions pas faire ce que tout le monde fesait à l'école, et on se réunissait dans la cave de l'école pour faire nos créations. D'où l'idée de monter un groupe.
Nous nous sommes structurés en association, puis la SARL "Le 9eme Concept".
. Vous fixez-vous des règles au studio ?
Nous ne prenons que les projets si il y a quelque chose d'intéressant à faire partager au public. On ne va pas prendre un budget uniquement pour le business. Il faut une histoire, un truc où nous pouvons en tant qu'artistes apporter quelque chose aux gens. Une émotion, un moment privilégié.

. Quelles sont vos objectifs en termes de création ?
Nous n'avons pas d'objectifs prè-définis, ce qui compte c'est l'idée principale. On essaye d'avoir un concept fort aussi bien au niveau du fond que de la forme.

. Vous travaillez avec des multinationales ou de grosses entreprise. Comment en arrive-t-on là ?
Nous sommes là depuis 20ans, donc les réseaux de relations se sont pas mal agrandis au fur et à mesure et du coup les marques sont venues à nous naturellement. Ce sont des rencontres humaines la plupart du temps. Nous avons fait des expositions marquantes comme Sang9 ou Peinture Fraîche à Beaubourg qui nous ont révélés au grand public. Quelques livres et éditions aussi comme le Desing&Designers chez Pyramyd qui sont devenus référents.

. Que retenez-vous des ces dernières années de collaboration (ex: Desperados, Reef, Nike Brazil...) ?
Toutes ces collaborations nous ont enrichis sur beaucoup de points. Les déplacements, les rencontres. Bref, être sur le terrain au contact des autres aussi. Au-delà du fait que cela génère une économie pour faire fonctionner notre entreprise, cela nous donne un certain recul sur notre travail et permet de nous faire avancer pour le futur.
. Quelles évolutions pour le design graphique constatez-vous ?
Il est difficile de se projeter en avant sur ce sujet. Les technologies évoluent très vite. Le principal est de garder la racine intacte. Avoir le dernier logiciel en date ne remplacera jamais le bon vieux carnet de croquis.

11/24/2011

Julien Gachadoat: technologie, processing, graphisme (version française)

Version Française 
Julien Gachadoat, est un touche à tout, qui c'est spécialisé dans Processing. Il est le fondateur du studio de création multimédia 2Roqs. 
Je l'ai rencontré il y a moins d'un an lors d'une master-classe Processing Paris, organisée à La Fonderie de L’Image in Paris (il était un des formateurs avec Christian Delecluse et l'Allemand Hartmut Bohnacker.)
Pour les novices, le processing est un langage de programmation simplifié, créé par Benjamin Fry et Casey Reas, deux artistes américains.  Cette technique est adaptée à la création plastique et graphique interactive. Le logiciel fonctionne sur Mac, PC et Linux, il est basé sur le langage Java. Le logiciel est téléchargeable gratuitement, et une banque de données est accessible à tous sur différent sites.
Au passage voici une application processing simple est sympa pour découvrir le principe mousepathIl y a aussi Google Gravity.
. Quelles sont vos influences ?
Une de mes principales influences a été la scene demomaking au début des années 90. Cet univers m'a permis de découvrir et de m'initier à la création d'animations sur ordinateurs en utilisant du code. Sinon j'ai été beaucoup influencé par le graffiti, je m'intéresse aujourd'hui  plus généralement au design graphique et à la typographie en particulier.

. Quels sont vos objectifs en termes de création ?
Les créations du studio essaient au maximum de mêler participation du public, simplicité d'utilisation tout en leur donnant un sens. Nous poursuivons notamment notre série d'installations typographiques initiée avec Gravity en 2009, qui utilisent en temps réel les messages envoyés depuis des téléphones portables.
. Quels outils/logiciel aimez-vous utiliser ?
J'utilise quotidiennement plusieurs langages de programmation pour les projets que l'on réalise au studio, ces langages étant mes outils principaux de travail et de création. Je reste particulièrement attaché à Processing bien sur, qui reste un outil à la pointe à la fois pour la création interactive et l'enseignement.


. Quel est votre point de vue sur les dernières évolutions numériques ?
Les technologies évoluent très vite, et il est intéressant de noter la place croissante que prennent les projets libres et open-source dans le paysage numérique. Je pense encore une fois à Processing, qui a notamment ouvert la voie à d'autres projets comme Openframeworks ou bien Wiring et Arduino, qui sont devenus des plateformes incontournables dans la création d'oeuvres interactives. On peut citer aussi Firefox pour les navigateurs, qui a réveillé le web dans lequel Internet Explorer l'avait englué.
. Quel est votre secret ?

11/20/2011

Laurent Bazart: illustrateur (version française)

Le légo digital a la folie des grandeurs avec Laurent Bazart de Nancy. Il assemble des petits carrés lo-fi pour raconter des histoires, dans un microcosme abondant, dynamique et infini, tout comme notre univers. Ces illustrations rapellent l'imagerie de notre jeunesse et répondent à la même logique de construction d'Eboy.
Ces images m’ont été fournies tout spécialement par Laurent Bazart, et je l'en remercie. De plus je sais de source sûre qu'un renouvellement des illustrations présentes sur le blog de cet artiste, devrait avoir lieu prochainement : affaire à suivre !!!
. Comment vous êtes fait vous connaître ?
Tout a commencé en 2003 avec Christophe Bouillet (l'éditeur Automne 67) alors directeur artistique de la revue SVM Mac. C'est le premier à m'avoir fait confiance et grâce à cette visibilité, j'ai pu ensuite travailler pour les quotidiens Libération et Le Monde. Actuellement je travaille régulièrement pour les Inrockuptibles et ponctuellement pour la revue Spirou.

. Vous avez une influence particulière, en plus du pixel art?
La musique est partie prenante de mon processus de création. J'écoute énormément de musique électronique, avec une préférence pour des artistes comme Legowelt et Arpanet.
En graphisme, ma référence préférée est le travail du génial berlinois Henning Wagenbreth qui mériterait d'être mieux connu en France.


. Avez-vous une idée de publication de livre, ou BD, ou cela est t'il déjà fait ?

Je me concentre sur la presse et mes commandes avec Illustrissimo pour le moment.

. Que veulent dire ces caractères, sur votre blog ?
        どうもありがとう  
       ミスター・ロボット
Cela se prononce "doumo arigatou misutaa roboto" et ça signifie "merci beaucoup, monsieur robot", c'est une référence au tube kitschissime du même nom sorti en 1983 par le groupe américain Styx et reprit récemment par le groupe japonais Polysics. Ce qui fait parfaitement office d'épigraphe sur mon blog.

11/18/2011

Geoffrey Dorne: créateur de graphism.fr, designer (version française)

Perso, Geoffrey Dorne est une très bonne référence dans le domaine du graphisme français. Jeune est très actif, ces sites et blog sont absolument à consulter pour les amateurs d'innovation, de graphisme, de technologie....
Professionnelle polyvalent et indépendant, il n'a pas hésité à répondre à mes questions et je le remercie.
. Que faite vous exactement à l’EnsadLab?
Mon parcours de chercheur en design à l'Ensad Lab est un cursus qui dure deux années. Dans ce laboratoire de recherche, j'ai étudié les méthodologies du design, les processus de création, j'ai également fait des études sociologiques, ethnographiques sur les usages de la communication, etc. De même, pendant ces deux années, j'ai réalisé un projet intitulé Neen (pour "Non-verbal Emotionnal Experience of Notification"). Ce projet est focalisé sur les émotions, la notion de présence à distance et la communication phatique, gestuelle et non-verbale. Voici le site de mon projet : http://neen.fr  et le site de mon laboratoire :  http://idnlab.fr

 . Vous avez une influence particulière ?
En tant que designer, mes influencent viennent de partout... sauf du design ! Bon, je caricature, mais je passe beaucoup de temps à m'intéresser à la science (cognitives), à l'actualité, à la littérature, etc.
De même, je suis bercé dans l'image et l'informatique depuis l'enfance, peut-être que c'est là aussi que sont mes influences.

. Comment vous êtes fait vous connaître ?
Je n'ai jamais cherché à me faire connaître. Mon métier et les projets que je porte passent avant ma personne et en général, le bouche à oreille fait son travail. Ensuite, avec mon blog http://Graphism.fr j'essaye de présenter des projets intéressants et une vision assez large du design, cela permet aussi de dialoguer
avec de nouvelles personnes....

. Quel est votre secret ?
Sans trop me tromper, je dirais la passion :-)
Les liens :